Amour en vrac

Deux points “romantico-culturels” pour la rentrée 2020

Bonjour Fleur Bleue,

Lors de la rentrée de 2019, je t’avais proposé de te pencher sur un cours d’Histoire prodigué par la merveilleuse “Plume d’Histoire” sur plusieurs couples historiques. L’article en question est par ici : https://laromantiqueeperdue.com/petit-cours-dhistoire-romantique/

Pour cette rentrée 2020, j’avais envie de te partager deux petits points de culture que j’ai rencontrés au cours de cette année et qui me semblait intéressant de te faire partager 🙂 !

Point historique
l’histoire d’amour d’Héloïse et Abélard

Héloïse et Abelard” de E.B. Leighton
1882

Si tu te balades sur l’île de la Cité à Paris, peut-être es-tu tombée, un jour, sur cette plaque figée dans le mur de la demeure située au 9-11 quai aux Fleurs :

Image provenant du site internet “parismojo.fr”

Si Vérone a Roméo et Juliette, Paris a Héloïse et Abélard !
Cette belle (et véridique !) histoire d’amour prend place dans notre belle capitale, au début du XIIème siècle, sous le règne de Louis VI.
Abélard a 36 ans (ou 39 selon d’autres versions) lorsqu’il rencontre pour la première fois Héloïse, âgée de 17 ans . Lui est maître en théologie à Notre-Dame de Paris et elle, nièce de Fulbert, chanoine au sein de cette même cathédrale. Ce dernier décide de confier l’éducation de sa nièce à ce théologien, devenu professeur de renom.
Malgré l’écart d’âge et l’éducation reçue de chacun, les deux tombent follement amoureux l’un de l’autre.

Eloisa and Abelard” par Eleanor Fortescue-Brickdale 1919

Si d’abord le rapprochement est d’esprit et platonique, l’attirance charnelle finit par les consumer. Héloise tombe enceinte. Effrayés d’être découvert, et pour soustraire son amante aux autorités françaises, Abélard enlève Héloïse et trouve refuge en Bretagne, région d’où il est originaire. Héloïse donne naissance là-bas à un petit Astrolabe, qui sera, par la suite, confié à la famille d’Abélard.
Abélard remonte seul sur Paris, supplie le pardon du chanoine Fulbert. Afin d’éviter le destin malheureux de toutes “Filles-mères” de l’époque (la prostitution) à sa nièce , il accepte leurs épousailles. Un mariage secret, à l’abri du scandale que cette union peut créer.
Pour cacher encore plus leur relation, Héloïse refuse de vivre sous le même toit que son époux et finit par rentrer à l’abbaye d’Argenteuil, monastère réservé aux femmes, où elle vécut enfant. Mais elle est rejointe régulièrement par son amant, qui n’hésite pas à franchir les murs afin de profiter d’union charnelle avec sa belle. L’oncle d’Héloïse finit par le savoir et jugeant ce mariage finalement scandaleux (les amoureux de ne vivent pas ensemble et être père n’est pas compatible avec le poste ecclésiastique que l’amoureux occupe) punit Abélard en le faisant castrer.
L’église jugera néanmoins cette punition cruelle – l’émasculation était, à l’époque, le sort réservé aux violeurs -, le chanoine Fulbert est demis de ses fonctions quelques temps.


Les Amours d’Héloïse et d’Abélard ” par Jean Vignaud
1819

Héloïse, rongée par la culpabilité, (ou dans d’autres versions, est “forcée” par Abélard), rejoint officiellement les ordres. Abélard fera de même, à Saint-Denis. A cause de l’émasculation subit, il ne peut plus exercer comme professeur.
Mais les amants continuent leur passion via une correspondance accrue en latin, des lettres remplis d’amour, de désirs et de philosophie. Preuve que rien ne peut séparer les cœurs qui s’aiment.

Petit aparté : leur correspondance est disponible en français

En 1136, Héloïse, devenue abbesse, est à la tête de l’abbaye de Paraclet et Abélard continue ses travaux spiritueux.
Aristolabe, leur fils, réussit brillamment ses études d’art libéraux grâce à son oncle paternel.

Abélard rend son dernier souffle en 1142 et Héloïse ordonne secrètement que sa dépouille soit enterré au Paraclet. Elle le rejoindra vingt-deux ans plus tard.

Au début du XIXème siècle, le destin tragique des amoureux ayant traversé les siècles, un sculpteur nommé Alexandre Lenoir leur attribut un tombeau au cimetière Père-Lachaise. Leur dépouille récupérée, ils y reposent depuis, ensemble.

NB : En faisant mes recherches, j’ai découvert deux facettes de cette histoire. L’une est romantique, l’autre un peu plus… cru. Par exemple, Abélard aurait eu les délices d’Héloïse sans son consentement ou l’aurait fortement poussé à accepter. Et Héloïse aurait été une féministe avant l’âge, et aurait été contre le mariage, même avec Abélard, jugeant l’union de “prostitution gratuite”.
Je te laisse prendre et juger à ta guise toutes les infos. Dans le récit ci-dessus, j’ai essayé d’assimiler les deux versions, mais hélas, seuls les protagonistes connaissent la vérité pure.
Je me suis basée uniquement sur des sites internet mais si cette histoire t’intéresse, de nombreux ouvrages existent également :).

Sources :
https://www.histoire-amour.com/vraies/heloise-abelard.html
https://www.francebleu.fr/emissions/ils-ont-fait-paris-et-sa-region/107-1/heloise-et-abelard
https://www.paristoric.com/index.php/paris-d-hier/lieux-historiques/946-la-maison-d-heloise-et-abelard
https://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lo%C3%AFse_(abbesse)

♣ ♣ ♣ ♣ ♣ ♣ ♣ ♣ ♣

Point philosophique
Le Discours d’Aristophane

Je crois que je m’engage sur un chemin assez caillouteux… Mais soit, je vais essayer de relever le défi 🙂 !

Le discours d’Aristophane est une vision philosophique de l’Amour et de l’origine des Hommes. Vulgairement parlant, il soutient que les Hommes étaient à l’origine des boules où logeaient deux têtes, quatre bras et quatre jambes. Ces boules ayant été coupées en deux par Zeus afin de punir les Hommes (nous) de leur grand orgueil. Devenu l’être humain que nous sommes aujourd’hui et sentant la solitude de cette autre moitié perdue, le but de notre existence serait donc de la chercher…

J’ai regardé une vidéo Youtube pour comprendre et elle m’a parue assez explicite. Tu y retrouveras au fur et à mesure des illustrations de cette vidéo que je trouve très parlantes.
Voici le lien, si tu es intéressée : https://www.youtube.com/watch?v=fmDpwXCyFOI&t=119s

Je me lance !

Le discours d’Aristophane provient du livre “Le Banquet” de Platon. Pour simplifier le synopsis de cette antre philosophique, il s’agit d’un repas entre philosophes (à la base, c’était une fiesta organisée par Agathon, qui voulait célébrer son premier prix reçu pour une tragédie). Mais le repas tourne en débat philosophique entre tous les convives sur le Dieu Eros et l’Amour en général. (Si tu es une Fleur Bleue philosophe, n’hésite pas à me reprendre). Chacun y va de son point de vue. Je te les épargne tous pour me concentrer sur celui qui m’intéresse : Aristophane. Voici ce qu’il a dit :

A l’origine du monde, l’Homme était une boule avec deux têtes, quatre bras, quatre jambes et deux sexes.

Pour se déplacer, “La Boule” pouvait marcher comme nous. Mais pour courir, elle faisait des…”roulés-boulés /roues” et de ce fait, avançait très vite.

Il existait trois types de “boules”. Les mâles, les femelles et l’androgyne (la synthèse des deux. Des “Hermaphrodites”, en fait).
Les mâles étaient des enfants du soleil, les femelles, de la Terre et les androgynes, de la lune.
Ce qui explique la forme sphérique de l’Homme à son origine.

Se sachant forts et bourrés d’orgueil, les “Hommes” s’en prirent aux Dieux et pour ce faire, comptaient escalader les murs pour atteindre le Ciel.
Zeus et les autres divinités se réunirent pour trouver une solution. Les anéantir était une mauvaise idée, car les Hommes leur faisaient des honneurs et des offrandes. Zeus finit par trouver une solution : couper “Les Boules” en deux !


Ainsi, les Hommes existeront toujours, mais seront beaucoup plus affaiblis. Et en même temps… Plus nombreux ! (et donc plus d’offrandes, héhé)
(Zeus a continué quand même les menaces. Il promit de couper les hommes encore en deux et ainsi… avoir qu’une jambe et un bras – et une demi tête. Vu notre aspect actuel, j’imagine que les Hommes se sont assez calmés aux yeux de Zeus).

Lorsqu’il coupa un homme en deux, Zeus demanda à Apollon de “retourner la tête et le cou” dans l’autre sens afin que l’être humain ait, en permanence sous le nez, ce trou béant (résultat donc de la séparation avec sa moitié), et qu’il devienne plus modeste.

Le trou est rebouché, devenant le ventre où n’est laissé qu’un petit “espace”, le nombril, “en souvenir de ce qui était arrivé dans l’ancien temps“. La poitrine est également sculptée au passage.

“Les Boules”, à présent seules, regrettèrent leur moitié et chercha à tout prix l’union, “s’embrassant et s’enlaçant les uns les autres avec le désir de se fondre ensemble“.
Ici, une moitié tenta de trouver son autre dans sa pureté, que ce soit entre un homme et une femme, entre deux hommes et deux femmes. Aristophane dit ” C’est de ce moment que date l’amour inné des êtres humains les uns pour les autres (…)”

Cependant, si la tête a été retournée, les parties génitales, elles, restèrent dans le dos… L’espèce finit par s’éteindre, ne pouvant procréer.
Zeus, prit de pitié, décida de changer de place et transporta les parties génitales devant (à la place actuelle).
Cependant, seul l’organe mâle peut pénétrer l’organe femelle et donc, perpétuer l’espèce. S’il s’agit de moitiés homosexuelles, ils trouveraient “satiété dans leur rapport (…) et se préoccuperait d’autre chose dans l’existence

C’est donc d’une époque aussi lointaine que date l’implantation dans les êtres humains de cet amour (…), celui qui de deux êtres tentent de n’en faire qu’un seul pour ainsi guérir la nature humaine.

Sources :
https://www.youtube.com/watch?v=gu0k1kaH1p0&t=166s
https://www.youtube.com/watch?v=fmDpwXCyFOI&t=119s

Voilà ! Ainsi s’achève mon petit cours de culture pour cette année. 🙂
Je souhaite une belle année de réussite à toutes les Fleurs Bleues professeures et étudiantes !

A une prochaine belle histoire,

La Romantique éperdue ♥

1 commentaire

  1. […] comme un écho à l’œuvre de Platon (dont j’ai fait référence dans cet article : 💘 […]

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
24 + 24 =