Amour à lire

PAI 2020, catégorie Romance

En cette année 2021, j’ai le plaisir de faire partie du jury du “Prix des Auteurs Inconnus” 2020 dans la catégorie Romance. 🙂

Pour plus d’informations ce prix, je t’invite à regarder leur site internet [clique sur l’image] :

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==> Comment se passe le prix, en tant que jury ?

De Janvier à Mai 2021, il nous a été confié la lecture des dix premières pages des romans envoyés par les auteurs (ou les maisons d’édition) dans la catégorie.
A l’issue de nos lectures, nous avons choisi les cinq romans qui nous ont le plus donné envie, en se basant sur l’extrait en lui-même, mais aussi sur la première et quatrième de couverture.

A partir de Juillet et ce, jusqu’en Novembre 2021, nous lisons – en entier, cette fois-ci- les romans finalistes du prix.
Tu trouveras dans cet article mes avis sur ces cinq romans. Il ne s’agit pas de ma liste personnelle, mais des livres étant arrivés en tête suite aux votes des 10 jurés de la catégorie. 😉
(La liste complète se trouve dans le visuel en bannière de cet article).

C’est parti ! 🙂

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📖 JUILLET 2021 / Première lecture

Tu sais où me trouver
Gaëlle Ausseré

Lorsqu’Else rentre chez elle après six mois d’absence, elle espère donner une deuxième chance à son mariage. Ses retrouvailles avec Gregory se révèlent maladroites et tendues. Des épreuves les ont éloignés au point de ne plus oser se dire qu’ils s’aiment. L’irruption dans leur quotidien de leur neveu de dix ans les incite à faire tomber les masques.

Dès leur rencontre, sept ans auparavant, ce couple avait pourtant tout d’idéal. En reprenant le fil des événements, les éléments du tableau se dessinent un à un.

Afin de sauver leur histoire d’amour, débutée tel un défi lancé à l’autre, Else et Greg sont désormais contraints d’affronter le drame qui les empoisonne, de se souvenir de cette lumière douce qui suffisait pourtant à éclairer leur vie.

— Chronique —

Gaëlle Ausseré m’avait déjà bouleversée avec sa romance historique “Qu’une Parenthèse” et, dans mon esprit, il était peu envisageable de l’être autant avec une romance contemporaine… Cette même auteure vient de me prouver le contraire.

Si d’ordinaire, j’ai une grosse préférence pour la phase de séduction dans les romances, je me suis surprise à apprécier cet “après”. Nos héros sont mariés, et pourtant, je me suis délectée de lire leur histoire. Tellement, qu’il m’a été difficile de poser ma liseuse une fois la lecture commencée.
Cette romance a une saveur unique, naviguant entre la relation d’Else et Greg, et cette tension palpable, réel suspens dans son genre. Malgré la fracture qui semble difficile à ressouder pour nos héros, il y a quelque chose qui bouillonne entre eux, quelque chose d’immuable et de profond qui devient terriblement romantique. Comme quoi, on peut offrir du romantisme aux lecteurs en évitant les sempiternels dîners aux chandelles et les pétales de roses ! Gaëlle Ausseré le démontre, tout en douceur, dans une émouvante minutie. Tout se cache dans des petits détails (des photos, des phrases, une bague, un regard, une confiance donnée, un déménagement à l’étranger…), amplifiant, au passage, l’empathie qu’on peut éprouver pour nos deux héros.
Leur amour semble vivre encore ; on veut y croire… Alors pourquoi ? Comment en sont-ils arrivés là ? Que s’est-il passé ?

Cachée derrière son apparence de “simple” romance contemporaine, “Tu sais où me trouverapporte une part tellement plus profonde et poussée à l’histoire d’amour. L’opposition de la plume de l’auteure, belle, délicate et aérienne, face au sujet, sensible et grave donne de la puissance et de l’émotion au récit. Tout se passe en catimini avec un judicieux choix de mots, d’idées et de temporalité dans la narration. L’amour, la peur, le pardon, l’espoir, la perte… Le voyage que vit Else et Greg est aussi courageux et fragile qu’un funambule sur son fil. L’Amour se veut être le bouclier et le protecteur… Mais peut-il être assez fort pour y arriver ?
Grâce à son rythme soutenu (la balance descriptions/dialogues est équilibrée et soignée); ses personnages complets et travaillés en profondeur et ses descriptions vivantes (qui animent l’histoire sans perdre son intérêt), le roman se pare d’une magnifique partition romantique sans fausses notes.

Mon petit plus, qui fait partie intégrante de la manière droite et structurée d’écrire de Gaëlle Ausseré, concerne la relation “franco-américaine”. J’avoue, c’est peut-être un simple détail, mais merci à l’auteure d’avoir donné un portrait réel et imparfait de ce qu’est une expatriation ! Je commençais à grincer des dents face à ces auteurs.es qui narrent les aventures de leur jeune héros / héroïne partant à l’étranger – bien souvent aux Etats-Unis, dans les romances – et qui n’ont aucun problème de langue, ni d’acclimatation culturelle. Et bien Else, elle, est bien réelle ! Oui, au-delà de l’aventure extraordinaire et excitante que ça représente, il faut un minimum de temps d’adaptation. Entretenir une conversation avec des natifs, au lendemain de son arrivée, n’est pas du tout évident. Oui, le “homesick” existe. Oui, les différences culturelles sont parfois délicates à appréhender et à s’approprier. Et en plus, tout est glissé en fin morceaux, disséminé proprement à travers le récit. Sans oublier que Greg a aussi, à son niveau, des choses à vivre à ce sujet !
La preuve qu’on peut offrir une belle romance, tout en prenant en compte la réalité des choses.

Une nouvelle fois, la plume de Gaelle Ausseré m’a profondément touchée. La larme que j’avais réussi à maîtriser pour Solange (l’héroïne de “Qu’une Parenthèse“) est finalement tombée avec Else. En lisant les premières pages de ce roman lors de la pré-selection, jamais je n’aurais imaginé vivre tout ça, aussi intensément et en osmose parfaite avec les héros.
Tu sais où me trouver” fait indéniablement partie de ces lectures qui ne s’oublient pas, et pour lesquelles il nous arrive d’y penser des jours après la fin de la lecture.
Je suis donc extrêmement ravie que ce roman ait passé l’étape de la sélection et de l’avoir lu avec autant de plaisir et d’émotion.

Gaelle Ausseré place la barre très, très haute !

Conclusion : J’aime… A la folie !
♥ ♥ ♥ ♥

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👉 P.S. : Ma chronique sur “Qu’une Parenthèse” est à retrouver ICI et tu peux aussi retrouver ce roman par ICI.

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📖 AOÛT 2021 / Deuxième lecture

La fille qui danse
Lisa Soto – éditions Noir d’Absinthe

Quand Asa part en quête de ses origines, le bleu à l’âme sur les sentiers irlandais, elle ne s’attendait pas à rencontrer un homme tel que Marec.
Elle est une enfant du monde,
Lui, des montagnes.
Dans des contrées proches ou lointaines, entre deux pas de danse, Asa et Marec se croisent et s’éloignent, s’interrogent sur la vie, son sens et leur amour, seule constante dans cette valse des sentiments.

La Fille qui Danse est une ode à l’autre et à la vie, un récit féministe et humaniste, voyage vers un ailleurs, mais surtout vers l’intérieur.

— Chronique —

Cette chronique, je l’ai rédigée quelques jours après ma lecture. J’ai tellement eu du mal à aller au bout ce roman, qu’à chaud, seul le négatif m’était resté à l’esprit.
Et s’il est arrivé jusqu’en finale, c’est bien pour une raison. Alors j’ai attendu, posé mon esprit, réfléchi et… voici.

De prime abord, ce roman ne partait pas sous les meilleures auspices. En effet, lors de la pré-sélection, le début m’avait laissée dubitative.
La raison ? Principalement le prologue. On suit le point de vue d’une héroïne, qui, en réalité, n’est pas celle de “La fille qui danse” mais d’une autre duologie de l’auteure.
Euh…. Pourquoi ? Quels étaient la logique et le but ?
Pour moi, un prologue est censé donner le ton au roman qu’on lit, pas servir de
“bonus” d’une autre histoire.
Je veux bien entendre la raison du “clin d’œil” mais ici, c’était trop intime. Il fallait avoir lu l’autre histoire pour capter les références et connaître les personnages comme cette Lucie que j’ai trouvé un brin gnian-gnian (Comme j’étais censée “la connaître”, aucun argument ne m’a été donné pour la comprendre).
Il n’a dû faire sens qu’aux fans de l’auteure. En tant que nouvelle lectrice de Lisa Soto, ça m’a plutôt perdue.
Le livre aurait pu sans difficultés débuter dès le chapitre un.

Bref, je continue. Je me répète que s’il est en finale, c’est pour une bonne raison. Je commence à reprendre espoir.
Car j’avance. Vite.
L’écriture de Lisa Soto a quelque chose d’hypnotisant. Elle écrit vraiment très bien et c’est la raison pour laquelle je ne peux pas foncièrement détester cette histoire. Les mots s’emboîtent sans problèmes, les phrases défilent aisément.
Sur le fond, je suis curieuse, j’attends la suite et les réponses à mes questions. La rencontre entre Asa et Marec, nos héros, se fait ; la romance se met en place et… malheureusement, ça ne va pas.

Pour que ce soit plus parlant, voici les deux types de romance qui, selon moi, fonctionnent :
– La Romance “simple”, celle qui conclue par “Ils se mettent en couple”. L’histoire d’amour est l’intrigue principale et l’entièreté du livre consiste à découvrir comment les protagonistes tombent amoureux.
– Et “La Romance complexe” où l’histoire d’amour vient se mêler à une autre intrigue importante, jouit de son propre rythme puisque l’intérêt est à la fois porté sur la romance, et sur cette autre quête.
Sans trop spoiler, “La fille qui danse” se classe dans la seconde partie. Le gros hic, c’est que celle-ci est conclue rapidement alors qu’elle est l’intrigue principale ! Pas d’autres buts à poursuivre, d’autres intrigues à éclaircir, rien…
J’ai donc commencé à trouver le temps long.
Pourtant, si on sort la romance du contexte et qu’on l’observe à la loupe, elle est magnifique. Décrite comme il faut, on ressent toutes les émotions, les doutes, la peur, l’espoir, le manque, les envies du couple. L’auteure honore à sa manière l’échange entre deux personnes, l’Amour, le grand, l’unique. C’était doux, c’était fin, c’était beau.
Mais lire une histoire d’amour où le premier “Je t’aime” est prononcé très tôt, où tout se passe très bien entre les héros, où il n’y a pas d’obstacles, pas de quêtes à poursuivre hormis “La Vie”, ce n’était pas suffisant.
Vers le milieu du roman, l’ennui et le manque d’intrigues me chuchotaient d’aller directement à l’épilogue (mais même ce dernier m’a semblé de trop…)
Le résumé pourtant parle d’une quête d’identité. Cette dernière est malheureusement vite balayée au début du récit aussi.

Je rééquilibre la balance et réalise qu’il y a des choses sympathiques. (Non non, je n’ai finalement pas sauté jusqu’au prologue.)
La navigation entre les différents points de vue est originale. On butine tendrement d’esprit en esprit grâce à la narration maîtrisée à la troisième personne du singulier, tout en restant focalisé Asa et Marec. Je pense que c’était là les seuls battements de rythme qui transformaient l’ennui en soubresaut d’intérêt. On avait de nouvelles personnes à rencontrer, d’autres vies à percevoir, de sentiments et points de vue à découvrir.
Sam, l’un des personnages secondaires principaux, était, à mes yeux, le plus intéressant. Il personnifiait à lui tout seul l’autre point névralgique du récit : l’Amitié (Là aussi, avec un grand A). Sa résilience, son amour sans faille pour ses amis, la trajectoire de son histoire m’a énormément plu, bien plus que la vie d’Asa et Marec.
Je ne peux nier la profondeur que lui a offert l’auteure. Des amitiés comme celle-ci, ça fait rêver.

Mais il y a aussi cette autre raison qui a terni mon ressenti. Il est un peu difficile à expliquer, j’espère être claire.
Nous suivons tous ces personnages qui tentent d’animer le récit.
Mais il y avait toujours cet écho particulier. Une sensation dérangeante.
Le ton se voulait distant, comme si nous ne devions pas être impliqués dans la vie des héros car “ainsi va la vie”. J’avais l’impression que l’auteure se muait en sage et distillait comme des paroles à méditer, fissurant, au passage, le quatrième mur (à savoir que je déteste ce procédé). Alors il y avait les gentils messages comme “Parce qu’il n’y a rien de plus précieux que la vie d’un enfant” ; “Ainsi, Untel retiendra un sourire, l’Autre, un regard” (alors ça sonnait pour moi comme une fin d’histoire mais en fait, le chapitre suivant commençait par “le lendemain matin”…)
Et puis, les autres qui m’ont plus fait froncer les sourcils, comme ce passage : “Ils rirent en dérangeant les voisins de table du restaurant. Au lieu de râler, ils devraient les remercier d’illuminer leur quotidien. C’est bien de sortir de sa zone de confort“. (Alors oui, c’est bien de sortir de sa zone de confort, mais “être dérangé dans un restaurant” n’est pas du tout un bon exemple à mes yeux !)

Dans ce même esprit, l’auteure fait passer certains combats au travers d’Asa. L’écologie, le droit des femmes… D’accord, pourquoi pas. Vu l’héroïne, ça se glisse parfaitement dans sa personnalité et puis, après tout, un auteur a le droit de transmettre des messages dans ses histoires. Mais là où ça m’a dérangé, c’est la manière de le faire.
Déjà, ils étaient trop présents.
Le trop, tue.” “Trop de messages, tue le message“. “L’ode” proclamé dans le résumé m’a fait l’effet d’une tempête.
Au lieu de me sensibiliser, ça m’a plutôt agacée. Surtout qu’à mon sens, ça sortait du cadre de la Romance !
Et puis, le ton de “sage” qui se transformait en ton “moralisateur”.
J’avais la désagréable sensation d’être coupable de tous les malheurs dans le monde et par ricochet, du combat d’Asa.
“Pourquoi les petites filles qui vivent dans certains pays n’ont pas le droit d’aller à l’école ? Pourquoi l’excision existe encore ? Pourquoi il y a-t-il des guerres ? Pourquoi l’Homme ne respecte-t-il pas la Nature ? Pourquoi l’Amour ne suffit pas ? Pourquoi ?”
Ohlalala… Mais Asa, que veux-tu que je te dise ?! Ca me désole tout autant que toi, mais à la base, je suis venue pour lire ton histoire d’amour et ta quête d’origine, pas pour remettre en cause tous les maux de la Terre !
Je me souviens d’un passage où j’ai levé les yeux et me suis dit : “Là, c’est bon. STOP”.
Sans vouloir spoiler, Asa se trouve à Paris et regarde les femmes qui marchent dans la rue. Après de brèves descriptions, elle s’imagine leur vie et soudain : “Est-ce qu’elles savent qu’il y a des femmes qui ont moins de chances qu’elles ? Que dans le monde, des femmes sont agressées, violentées ?” (Bon sang ! Mais si je pense à ça à chaque fois que je marche dans la rue, je ne me lève plus de mon lit !).
En plus, je la trouvais hautaine. Asa a eu une enfance disons singulière (d’ailleurs, il ne me semble pas connaître son âge ?), ce qui la façonne sur bien des aspects, mais sur d’autres, ça en devenait lassant (j’ai été d’ailleurs étonnée qu’on parle de son métier et que ce dernier ne soit précisé que vers la fin du récit). Comme si elle se voulait être différente en tout point et tout le temps.
“Les gens vont au Louvre pour contempler la Jaconde. Pas Asa.”
“Les gens ont des tics quand ils sont nerveux, Pas Asa”.
“C’est dangereux pour une femme de voyager seule. Asa, elle, ne voit pas le danger”
Conclusion, on n’a pas matché.

Je termine mes “tourmentes” avec ce dernier point. L’auteure explique, dans les remerciements, qu’elle a délibérément omis certains “cadeaux”. En effet, plus d’une fois, un personnage offre quelque chose à un autre, on a la réaction des personnes autour mais… on nous dit pas ce que c’est !
Personnellement, ça ne m’a pas plu. Une fois, je veux bien, mais c’est arrivé trois fois ! En plus, ce ne sont pas de simples cadeaux, mais des symboliques importantes dans l’histoire et je n’ai pas trouvé ça judicieux. Au contraire, je pense que ça aurait été plus émouvant d’en connaitre la nature.
J’avais plutôt l’impression qu’on me faisait tourner en bourrique (“Allez, cherche encore !“), car j’ai relu les passages, pensant ne pas avoir y prêté attention…
Ce point est, pour moi, l’ultime preuve que je suis passée à côté des “sensibles symboles” voulus par l’auteure.

Allez, je vais terminer cette chronique avec du positif.
Le plus de ce récit est le voyage offert. L’Irlande, en passant par la France, l’Afghanistan, l’Espagne… Même si les descriptions n’étaient pas abouties (disons que je ne me suis pas sentie totalement imprégnée), ça vivifiait un peu le récit.
Et puis il y a aussi les personnages. Certes, je n’ai pas apprécié Asa, mais je dois reconnaître le talent de l’auteure pour les structurer avec soin. Ils sont construits avec adresse, de A à Z, restent cohérents, ont un passif qui tient la route, ont des envies, des défauts, des craintes, des rêves… Bref, ils sont entiers.
Je fais d’ailleurs un rapide détour sur Marec, le héros. Bon il avait un côté “Mec parfait” légèrement agaçant parfois mais sur l’ensemble, je l’ai trouvé plus terre à terre, plus “vrai”.
Et pour finir, la romance – en plus de tout ce que j’ai pu soulever de positif ci-dessus – a respecté sa fonction première. Dans une romance, il est important pour moi de voir que l’Amour transforme les gens, que l’un apporte à l’autre ce qui lui manque, qu’il soit ses yeux, son courage, son espoir pour faire évoluer l’autre. Pour Asa et Marec, ce fut totalement le cas. Les deux ont apporté tellement à l’autre, que la magie a opéré. Finalement, son seul défaut est d’avoir été l’unique ingrédient solide de cette histoire.
Oh et un dernier point : La première de couverture, que je trouve vraiment très belle !

Après la rédaction de toute cette chronique, j’ai compris. Je ne suis pas faite pour la plume de Lisa Soto.
J’ai tenté de nuancer ma chronique, parce qu’il faut souligner les choses positives, c’est important. Elle a une très jolie écriture, mais je suis passée totalement à côté de cette histoire. Tout ce qui aurait dû m’émouvoir, m’a agacée et tout ce qui aurait dû alpaguer ma curiosité, m’a juste ennuyée.
Alors peut-être est-ce juste ce roman ?

S’il est arrivé en finale, c’est bien pour une raison.” Mes camarades jurés ont sans doute été plus sensibles que moi face à ce roman. Je t’invite donc à retrouver leur chronique pour avoir d’autres avis sur “La fille qui danse“.

CONCLUSION : J’aime… Un peu

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📖 SEPTEMBRE 2021 / Troisième lecture

Opération séduction à l’Otak’Kafé
Chani Brooks

Client charmant et colocataire sexy, sauf qu’il ne veut pas d’elle…

Fanny tient l’Otak’Kafé 🍥, un café-lecture dédié au manga, l’héritage de sa cousine. Grande romantique, Fanny se laisse facilement berner. Heureusement qu’elle peut compter sur ses fidèles clientes, pas pour l’aider dans sa comptabilité, mais pour conquérir le prince charmant. Elle est amoureuse en secret d’un de ses clients. Enfin, secret, toutes les filles de l’Otak’Kafé sont au courant !
Yannis, jeune homme charmeur, secret et un peu cynique, fait mine d’ignorer les tentatives de Fanny pour le séduire. Aussi, lorsqu’un soir, il échoue sur son canapé, elle décide de tout tenter pour le faire « atterrir » dans son lit. Mais les doux papillons devraient se méfier des princes qui brillent, car les ailes de l’amour sont fragiles…

— Chronique —

Ne pas se fier au côté décalé d’ “Opération séduction à l’Otak’kafé” !
Derrière ses airs de fanfiction se niche une plume surprenante et une histoire d’amour très soignée. C’était un pari audacieux de lancer une histoire d’amour dans cette niche, mais Chani Brooks a fait du très bon travail ! Le récit possède quelques défauts à mon goût mais j’ai tout de même passé un bon moment lecture.

Je vais tout de suite commenter LE sujet de ce roman : l’esprit manga. J’ai adoré le mélange des genres, mais je n’en suis pas ressortie totalement convaincue.
En soi, on ne peut pas dire que nous n’avons été pas prévenus. Tout, dans l’aspect extérieur de ce livre, sent le Japon et sa culture. Et l’intérieur grouille encore plus de clins d’œil à la culture nippone : références en abondance aux mangas, mots et expressions japonaises, explications de certaines coutumes… La passion de l’auteure pour ce pays se ressent dans tous les chapitres.
Je conçois que ce n’est pas la tasse de thé de tout le monde et que ça pourrait faire fuir les non-initiés. Je suis moi-même un peu familière de la culture pop asiatique depuis une dizaine d’années, mais je n’ai retenu que les dramas, un peu de “old school” Kpop et Jpop et des leçons de mandarin. Les mangas n’ont jamais été mon genre littéraire de prédilection et tous mes posters de chanteurs et d’acteurs asiatiques ont disparu de mes murs.
Mais il faut bien l’admettre, Chani Brooks a déployé de sacrés efforts pour qu’on s’y retrouve ! Même si Naruto n’est qu’un vague aspect du pays du Soleil Levant, nous ne sommes jamais perdus. Les notes en bas de pages ne manquent pas et certaines explications sont insérées avec soin dans le récit. L’auteure m’a même donné envie de laisser une seconde chance aux mangas, frustrée de pas avoir eu certaines références pour vivre à fond l’histoire !
De plus, d’un point de vue global, tout a été fait pour que l’ambiance manga soit une partie intégrante de l’histoire. L’Otak’kafé n’est pas qu’un lieu, c’est une philosophie de vie. Et, dans cet esprit, tout se conjugue plutôt bien. L’union entre la pop culture japonaise et nos personnages français à Paris, mélangés à toutes les intrigues secondaires, sensées et solides, ainsi qu’à la romance, est vraiment réussie. Bravo à l’auteure pour ce beau mariage !

Le hic, c’est l’abondance.
Les références aux mangas qui prêtent à sourire au début, deviennent, au fil de la lecture, trop présentes. Elles s’incrustaient partout, parfois même dans des scènes où elles auraient plutôt dû se faire discrètes. On aurait dit un personnage farfelu qui voulait être constamment sur le devant de la scène. Sympathique au début, un peu lourd à la fin.
Parfois aussi, cet aspect dépassait la limite du réaliste.
Je déplore quelques petits “trucs” qui rendaient les personnages un poil ridicules. Utiliser des expressions japonaises dans la vie quotidienne (le “Okaeri” pour souhaiter la bienvenue à une personne qui rentre chez lui, même moi qui l’ai vu mille fois dans les dramas japonais, jamais je l’utiliserai “dans la vraie vie” comme une expression normale de chez nous) ; ce personnage secondaire qui ne s’exprime que par des onomatopées japonaises (l’intérêt ?) ; mettre des “bulles de mangas” au-dessus du héros pour le placer comme personnage d’une fiction, too much pour moi… Et, peut-être je fais erreur mais il y a encore des fans de mangas qui s’habillent en Lolita en France ? Pour moi, cette mode date d’il y a dix ans et l’histoire se passe (si je ne m’abuse) en 2020…
Résultat, je saturais un peu de tout à la fin du récit. Du Japon, des mangas, de ses expressions, de ses pâtisseries…

Là où la surprise a été totale, c’est la romance. Je m’attendais pas à ce qu’elle soit aussi bien écrite !
Je rencontre la plume de Chani Brooks pour la première fois et elle m’a bluffée ! Rien que pour cette découverte, je suis enchantée qu’elle ait passé l’étape de la pré-sélection.
Elle a certes, des petits défauts, mais cette auteure connait les codes du genre sur le bout des doigts. Elle savoure tout ce qu’elle met en place pour rendre le jeu de séduction attractif, sait où mettre le piquant d’une touche érotique, la douceur d’une belle déclaration, le déchirement d’une scène de trahison… Et tout ça, avec une plume joueuse, vive mais qui sait donner le ton juste au bon moment.
Et ici, se servir de la personnalité de ces héros comme ingrédient principal était une excellente idée ! La dualité entre la naïve et trop gentille Fanny face à un Yannis sarcastique et trop franc a fait mouche. C’était ce qu’il fallait pour rendre l’histoire encore plus attrayante et le fonctionnement de la romance, parfaitement huilé ! D’autant plus que ces deux personnages sont très bien construits. Ils se dévoilent doucement, avec cette retenue et cette pudeur qui les rendent attachants. Leur force contraire forge l’équilibre, apporte quiproquos, actions, réflexions et remises en question. Absolument tout pour rendre les amoureux des romances addicts à leur histoire !
Le début de la romance m’a d’ailleurs fait penser à celui du manga (tiens, tiens, était-ce volontaire 😉 ? ) “Itazura na kiss“. L’héroïne est comme Fanny, amoureuse en secret d’un héros comme Yannis et une cohabitation “forcée” va être le théâtre de leurs chamailleries et de leur rapprochement.
J’ai aussi beaucoup apprécié le fait que leur relation ne prenne pas ses racines dans l’univers japonais. Déjà, aucun des héros n’est japonais et leur histoire aurait pu très bien fonctionné si c’était l’amour des animaux, de la pâtisserie française, de la bière… Bref autre chose que les mangas qui les réunissait.

Mais j’en reviens au principal défaut qu’est l’abondance. Le récit s’étire un peu trop en longueur. Chaque séquence de l’histoire prend trop de temps à se mettre en place, à bouger et à passer à la suite.
Ce ressenti a été plus important juste après que Fanny et Yannis aient passé le stade du “attrape-moi si tu peux”. Même si le chemin entier de leur romance est travaillée, reste animée et sensée, une fois que j’ai eu ce que je voulais (assez tôt, d’ailleurs, je trouve), mon intérêt pour leur histoire d’amour s’est effiloché et par ricochet, à l’univers qui les entourait.

Je pense que ce roman aurait été un coup de cœur si les références mangas avaient été moins proéminentes et le roman, plus court… Car le reste de l’histoire m’a complètement emballée !

CONCLUSION : J’aime… Passionnément
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👉 P.S. : Je parle de “Itazura na kiss” dans mon article sur les dramas par ICI

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📖 OCTOBRE 2021 / Quatrième lecture

Lunisia, tome 1 : Tonnerre
Loïs Smes
éditions Elixyria

Si la vie était un film, quel rôle endosseriez-vous ?

Cette question, Haze se la pose depuis toujours. Solitaire et rejetée, obligée de cacher ses véritables désirs, elle court après une légende que sa mère lui contait, enfant. La Lunisia-Atlis, une fleur, pourrait tout changer et rectifier cette erreur de casting qui l’accable depuis la naissance.

Mais à vouloir défier la nature, à vouloir bouleverser sa propre genèse, il y a toujours un prix à payer.

Préparez-vous à plonger dans un thriller futuriste au scénario prodigieux… Et vous ne verrez plus jamais la Romance de la même manière.

— Chronique —

Je ne sais par où commencer tant je suis perdue.
Lunisia” est un mélange particulier de genres. C’est une histoire étrange, surprenante et gênante à sa façon. Elle m’a balayée sur son passage ; ébranlée, bouleversée, mais je n’arrive pas à dire si c’est dans le bon sens ou dans le mauvais.
Car malgré tous ses défauts, je l’ai avalée en une journée. J’ignore pourquoi, sûrement l’œuvre de la plume expressive et très addictive de Loïs Smes. Cette manière avide de l’avoir lu m’aurait conduit au coup de cœur dans d’autres circonstances, mais “Lunisia” est “Lunisia“.
Un roman hautement singulier.

Je vais rentrer dans le vif du sujet parce qu’impossible sinon d’écrire cette chronique. Ce premier tome cache un twist totalement inattendu. Sans trop spoiler, il s’agit d’un sujet sensible, peu commun en littérature, et, qui passée la surprise, m’a beaucoup plu. Mais la manière dont celui-ci a été traité m’a dérangée. Coincé entre une héroïne autodestructrice, une fausse intrigue fantastique -futuriste, selon le résumé – et une romance trop tirée sur l’érotisme (peut-on d’ailleurs qualifier ce roman de “romance” ? J’y reviendrai plus tard), il n’a pas été déployé à sa juste valeur. Il aurait été plus judicieux de lui consacrer l’entière narration d’un récit, dans un univers plus équilibré, et surtout, plus simple. Avec ces autres éléments, Le sujet devient une simple et “banale” intrigue et c’est dommage. Enfin, à lui seul, il est bien traité. L’introspection et le cheminement psychologique sont bien ficelés, profonds, nués de sens.
Mais en compagnie des autres intrigues, il perd de sa valeur, se camoufle et devient un truc “lambda”.
L’aspect fantastique, la LunisiaAtlis (pourtant le titre même du récit) n’est qu’un “facilitateur” d’intrigue. A la lecture du début, lors de la présélection, je pensais avoir affaire à une romance fantastique.
Quelle erreur !
L’idée n’est pas mauvaise, pourtant. L’auteure lui construit une explication qui pour du fantastique (futuriste ?), tient bien la route. Mais au final, pas exploitée jusqu’au bout. Elle aussi, aurait mérité plus de lumière et un autre environnement.
Résultat ? “Lunisia” se perd dans ce mélange, vacille, veut englober trop de sujets sensibles, rendant un tableau d’ensemble peu harmonieux.
Le mariage était trop éclectique pour fonctionner.

Et surtout, (et c’est là où j’ai tiqué le plus) cette histoire n’est pas saine.
Le ton vulgaire et brutal de certaines scènes n’est pas passé. Ni quand ça se voulait être de l’humour, ni (et encore moins) dans les passages “charnels pimentés”. Certains moments érotiques m’ont rendue mal à l’aise. Ils étaient nécessaires, à leur manière je pense, au développement d’un des personnages, mais dans la majorité des cas, ils possédaient un côté destructeur et profondément malaisant.
D’ailleurs, nos trois protagonistes nourrissent une relation ambiguë et malsaine entre eux. Nous suivons l’histoire aux travers d’Haze, l’héroïne, et de Chloé, sa meilleure amie. Et déjà, la manière dont Haze et Chloé se décrivent l’une l’autre était à la frontière de “l’amitié-attirance”.
Quant à Ben… pauvre de lui. Je n’ai pas compris à quoi il servait et m’a fait pitié tout le long du récit. Déjà, nous n’avons pas accès à ses pensées. Entrer dans l’esprit des deux autres et pas lui, c’était pas sympa et un peu injuste. On ignore encore beaucoup de choses sur lui (pourquoi est-il devenu ami avec Haze ? Le comment nous est narré mais pas le pourquoi. On ignore ses rêves, ses aspirations, son enfance, son métier -du moins je l’ai pas saisi. Alors que chez les deux autres, nous sommes à peu près au point. Peut-être sera-t-il mieux exploité dans le tome suivant ?)
Ensuite, lui aussi, pour un “ami” n’a pas l’air de savoir se contenter d’une relation platonique. De toute façon, les trois jouent avec le feu et dévalent une pente ardente. Les caser uniquement dans la catégorie “BFF” ne serait pas du tout sain. Ca me démangeait de leur envoyer la signification du mot “Amitié”, car même si quelque chose de profond semblait les lier, tous les trois étaient constamment dans cet embrassant entredeux “Amis / Sexe”. Et c’était étouffant.

Mais d’un autre côté, le roman recèle d’aspects plutôt bien construits. La psychologie est une réussite, je trouve. Même si je n’aurais pas pris le chemin emprunté au début, elle a eu pour mérite de détonner. Par la suite, on apprend, et comprend sans difficulté le cheminement intérieur. C’est travaillé et minutieusement mis en place et ce, pour les deux points de vue.
J’ai bien apprécié Chloé, la seule qui semblait à peu près “normale” dans cet univers de fou. Je pense que je n’aurais pas accroché au récit avec l’unique point de vue de Haze. Bien qu’on lui a greffé une sacrée personnalité, un background cadré qui explique pourquoi elle en est là aujourd’hui ; sa manière d’être, d’accéder à la vulgarité si facilement, de prendre drogue et alcool comme du chocolat à Pâques et sa vision des choses, m’ont tapé sur le système.
Et puis, toutes les intrigues, le retournement de situation m’ont tenue en haleine. Et, comme précisé au-dessus, l’écriture de Loïs Smes est certes déconcertante, mais très fluide et prenante. Je n’ai pas matché avec les parties vulgaires proposées, ni sa manière d’avoir voulu marier plusieurs genres qui ne fonctionnent pas très bien ensemble, mais force est de constater que je suis entrée dans le jeu et que j’en suis sortie complètement sonnée.

Est-ce que donc “Lunisia” est une romance ?
J’ai du mal à répondre à cette question.
Compte tenu des règles générales, non. Le genre a quand même des codes à respecter que Loïs Smes a sciemment arrachés.
Mais elle a réussi à retourner les cartes du jeu en sa faveur. Même si je ne sais pas si j’aime ou pas, je dois la féliciter. Malgré tout, tout, tout j’ai été prise au piège. Malgré tout, je les ai shippés. Malgré tout, j’attendais que “ça”.
De plus, je ne vois pas dans quel autre catégorie il aurait pu être proposé…
Donc si on accepte les dés pipés et les propres règles de l’auteure, j’imagine que oui, dans une certaine mesure.

Voilà… J’aborde la fin de cette chronique que je ne saurais pas proprement clore. Je suis déchirée et totalement perdue face à mon ressenti. Partagée entre le fait d’avoir lu le roman aussi vite, accaparée par cette histoire, par les retournements de situation et cette magnétique attirance du milieu de roman. Et de l’autre, profondément dérangée par l’ambiance malsaine et vulgaire.

Pour la première fois, je n’ai pas de conclusion.

CONCLUSION : J’aime… ???

{première fois sur ce blog que je ne sais où me situer}

📚 📚 📚

📖 NOVEMBRE 2021 / Cinquième (et dernière) lecture

Alyson
Julien Cordier

2019: Frédéric est un jeune informaticien inconnu. Il vit en France, dans un petit village Lorrain.

Alyson est une star hollywoodienne et habite à l’autre bout du monde.

Lorsque le père de Frédéric, grand physicien passionné, invente secrètement une machine à voyager dans le temps, le jeune informaticien se retrouve alors projeté en 2008 sur la Côte d’Azur, où il rencontre par hasard Alyson, juste avant qu’elle ne devienne célèbre… à une époque où elle aussi n’était qu’une personne comme tant d’autres.

Et vous ? Que feriez-vous à sa place si cette célébrité venait à éprouver des sentiments pour vous ?

Tenteriez-vous de vivre cette histoire, au risque de la détourner de son fabuleux destin ? Où emprunteriez-vous un autre chemin qui pourrait remettre en cause toutes vos croyances ?

— Chronique —

Lors de la pré-selection, ce roman m’avait enchantée ! En plus d’un résumé énigmatique et d’une couverture sympathique (et hautement symbolique), ce roman sentait bon la romance et le suspens.
J’avais juste noté un aspect futuriste trop peu présent à mon goût. Pour une histoire se déroulant en 2063, le récit sème très peu de clins d’œil futuristes. En 50 ans, je pense qu’énormément de choses ont évolué.
De plus, les prémisses d’une savoureuse teenage romance m’avait complètement emballée !

Sur l’aspect de la romance, je trouve que l’auteur s’en sort très bien. J’y ai trouvé mon compte. J’aime les histoires d’âmes sœurs, les coups du destin, les embûches à surmonter, la douleur ressenti quand on croit que tout est fini et la joie de voir que tout renaît. J’ai eu beaucoup d’empathie à l’égard de tous les amoureux qui vivent dans le récit.
Les histoires d’amour qui rythment le récit sont finement tracées, enjolivent le récit et donnent un élan d’espoir et de courage. Elles m’ont bouleversée.
D’ailleurs, j’ai beaucoup apprécié la symbolique du destin et des rêves qui se réalisent (et qu’il n’est jamais trop tard pour s’y consacrer).
Alyson” couve de jolis messages qui font du bien à lire (et à se rappeler).

Dommage que ces belles choses se retrouvent un peu à l’étroit parmi toutes les infos superflues et des longueurs qui plombent un peu le rythme.
Si j’ai avalé le chapitre 1, à partir du chapitre 2, ça se gâte.
Je m’ennuie et trouve le temps long. Les chapitres peinent à s’enchaîner (30 voir 40 minutes sur chaque chapitre, je ne suis pas fan).
Il y a, d’un seul coup, beaucoup de héros à suivre, des nouveaux personnages secondaires à appréhender et avec qui il faut coopérer. Des 30 à 50%, du récit, j’ai eu du mal à avancer. Il y avait trop de détails, de surplus d’informations. Le rythme stagne et tout l’engouement vécu du début s’effrite. Je ne comprends pas très bien où on veut nous emmener. Un peu d’impatience, mais surtout je trouve, un suspens un peu trop forcé. J’avais la sensation de me retrouver devant une émission où le présentateur, sur le point d’annoncer le vainqueur de l’émission, étire le suspens jusqu’au bout du bout. Heureusement, la tendance s’inverse après les 50% et là, j’ai trouvé mon rythme de croisière, malgré encore quelques longueurs.
Ce qui m’a bloquée, je pense, c’est que le récit est supposé être narré par une des héroïnes. Elle n’a donc pas pu avoir accès à autant d’intimité et de détails chez les autres personnages.

Je suis aussi tiraillée sur l’aspect fantastique du récit. D’un côté, j’adore l’idée. Mêler un voyage temporel à une romance, c’est super palpitant ! Dans “Alyson“, cet élément apporte de l’émotion, de la beauté et (surtout) du romantisme à l’histoire d’amour principale. De l’autre, je pense qu’il aurait mérité une place plus centrale dans le récit. Car finalement, j’ai trouvé que l’auteur était resté trop sage. Par conséquent, l’histoire d’amour aurait pu très bien tenir sans cet aspect voyage temporel et se contenter du “et si” qu’il propose. (“Et si, ado, Frédéric rencontre une nana en été, qui devient actrice super connue par la suite ?”).
Donc même si je reconnais volontiers qu’il embelli la romance, je ne trouve pas l’élément “voyage temporel” si éloquent que ça. Vis-à-vis de la romance, mais aussi du reste. A la fin de ma lecture, j’ai encore beaucoup de questions encore restées sans réponses… Avec tous les les éléments nouveaux apportés, certains personnages ont souffert d’une inégalité dans la mise en scène
/!\ SPOIL /!\ [surligner le texte pour le faire apparaître]
Sur Alyson :
– Pourquoi sa double-nationalité n’a jamais été mentionnée en 2018 ? Je veux dire, Fred est un fan absolu d’Alyson. Il aurait dû être au courant. En 2018, à l’ère de google, il était facile de le savoir. Qui ne fait pas des recherches sur un acteur / actrice pour lequel il a eu un coup de cœur ?
D’ailleurs, pourquoi on le savait pas non plus en 2063 ? Ca me parait pas très logique que Shaï ne soit pas au courant pour sa grand-mère.
– Pourquoi elle veut devenir actrice ? L’envie de devenir réalisateur pour Fred est bien expliqué et clair, mais il me semble pas avoir lu la même chose pour Alyson. Elle a grandi dans un contexte familial qui n’a rien à voir avec le monde du cinéma qui plus est.

Sur Marc :
– On ne savait pas grand chose sur lui alors qu’il me paraissait central. Était-il marié ? Divorcé ? Quel âge a-t-il au moment du récit ? On nous dit que c’est un grand réalisateur, je l’imaginais dans la cinquantaine. Mais s’il finit par être le meilleur ami de Fred, puis le second époux d’Alyson, ça ne colle pas. Et surtout (Surtout ! je ne comprends pas pourquoi l’auteur ne l’a pas souligné tant ça me paraissait important: ) Comment a-t-il réagi quand Alyson lui a annoncé être de nouveau enceinte de Fred… 3 ans APRES son décès ? A-t-il fini par être mis au courant pour les voyages temporels ? Que Fred est coincé dans la matrice temporel et qu’il vient leur rendre visite régulièrement ?

– Quelle a été la réaction de Fred quand il a vu Alyson épouser Marc ? Bien que je le suppose heureux, j’aurais aimé qu’on mentionne sa réaction.
Sur Sydney :
– Pourquoi ce prénom ? Elle vient d’une famille “franco-française”, sa famille s’appelle Sophie, Martin et Frédéric. Alors pourquoi elle a eu le droit a un prénom américain ?
– Et son bébé ?! Je n’ai absolument pas suivi cette histoire. Elle est revenue enceinte du voyage temporel, alors où est passé le bébé ? N’a-t-il pas survécu au voyage temporel ? Dans ce cas, pourquoi on nous l’a pas mentionné clairement ? C’est un détail hyper important, j’ai été frustrée qu’il soit aussi vite balayée.
– Comment elle fini ? Mariée ? Veuve ? Maman ?

/!\ FIN SPOIL /!\

Sur la forme, peut-être était-ce dû ma version numérique mais beaucoup de noms composés n’avaient pas de trait d’union. “Etaitil” / “peutêtre” / “soussol”.

Conclusion, je m’attendais à une intrigue plus vive, plus audacieuse et sensationnelle. L’idée globale est très bonne, plutôt bien menée malgré tout. Les éléments s’alignent correctement et l’ensemble reste une belle histoire. Effectivement, avec un cadre plus structuré, moins de détails superflus, un rythme plus pétillant et des éléments fournis au complet, j’aurais trouvé ce roman sublime, car l’originalité, la plume et la romance sont là !

CONCLUSION : J’aime… Beaucoup

📚📚📚📚📚


Et l’auteure gagnante est Gaelle Ausseré avec “Tu sais où me trouver” ! 🏆 🙂
Cette romance ayant été mon unique coup de cœur de l’aventure, je suis donc heureuse du résultat final.

En revanche, il n’y aura pas de session en 2022, j’ai décidé de ne pas renouveler ma candidature pour être jury. L’expérience est enrichissante, je la conseille vivement si tu es chroniqueur(se), mais elle reste très prenante et je me préfère me consacrer à d’autres projets livresque cette année.

La Romantique éperdue ♥

7 commentaires

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  2. […] deux personnes, l’Amour, le grand, l’unique. C’était doux, c’était fin, c’était beau.Flavie du blog : La Romantique Eperdue La fille qui danse a de nombreux atouts : la musique, la danse, l’optimisme, le voyage, […]

  3. […] sont justes. Elle m’a emporté dans son univers. C’est un livre que je vous conseille vivement.Flavie du blog : La Romantique Eperdue A travers passé et présent, l’auteur a su avec justesse, pudeur, poésie et sensibilité […]

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