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Services de presse : les éditions Livresque, partie 3

C’est parti pour une troisième année auprès des éditions Livresque !
Pour retrouver la première partie (les avis 2020), c’est par ICI et les avis de l’année 2021, par LA.

Comme pour tous mes articles sur des avis lectures, ces derniers n’engagent que moi.

Un grand merci aux éditions pour leur confiance 🙂 !

Clique sur l’image pour accéder au site internet de la maison d’édition.

Les livres sont présentés par ordre chronologique de lecture :

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Entre les mondes, tome 1 : Le Passage
Maëlle Andals

Résumé :
Embarquée dans une chasse au traître inédite pour aider la communauté des vampires, Néva va rencontrer par accident Adrian. Il est chevalier dans un royaume en guerre dans un monde où la magie est partout. Des mondes différents… Mais le sont-ils vraiment ? Malgré ce qui les séparent, ils vont découvrir un lien inexplicable, qui les aidera pour mener à bout leurs missions respectives. Une plongée dans deux vies éloignées l’une de l’autre. Pourquoi se rencontrent-ils ? Quel est le lien entre eux ? Que seront-ils prêts à sacrifier pour atteindre leurs objectifs ?

— AVIS —

Ce premier tome a une saveur très particulière. Bon mélange de genre, écriture fine et adroite, rythme excellent, je l’ai dévoré en très peu de temps et pourtant… Découvrir la suite ne me tente pas plus que ça.

Le Passage” relate l’histoire de deux mondes. Le premier, celui de Néva, nage dans l’ “urban fantastique“, tandis que celui d’Adrian, dans “l’historico-fantasy” et le mix des deux, aux premiers abords, m’a rendue très sceptique. Baser un récit avec deux décors aussi fournis et riches d’événements pouvaient faire “trop”. Dans mon esprit, c’était comme si Frodon pouvait se rendre à Poudlard et taper discut’ à Harry Potter et inversement.
Deux fonctionnements d’univers à découvrir, avec trop d’intrigues, trop d’aspects nouveaux à appréhender, trop de personnages. D’ailleurs, avant l’apparition du “Passage” dans le roman, les deux mondes respectifs de nos héros se suffisaient à eux-mêmes. Chacun avait son univers, sa timeline, son récit. Les protagonistes avaient leur rôle à jouer, leur vie et destin à mener.
Tout de même séduite par le potentiel “romantique” de l’histoire, je me suis laissée tenter.

Et puis, finalement, j’ai été agréablement surprise. Une fois la base posée et le rythme lancé, Maëlle Andels a vite instauré un équilibre qui ne laissait pas le récit tanguer dans ce “trop plein”, justement. Le destin de nos deux héros s’est noué sans heurts, sans quête superflue et sans jamais basculer dans l’overdose de détails. Le fil rouge est cadré, équipé pour chaque étape, autant dans la vie de Néva que d’Adrian, ce qui permet une rencontre en douceur et une structure solide dans le reste du récit. Bien que l’origine et le but de ce passage reste encore un mystère (qui dit tome 1, dit tome 2, donc réponse au prochain épisode), il y a quelque chose d’assez intriguant, de plutôt sensé et d’utile dans ce revirement de situation.

En plus de ces deux mondes, il y a de la romance. Et là aussi, je trouve l’histoire très qualitative, tant sur le fond que sur la forme. Elle se transforme en veine palpitante, s’insère avec justesse parmi toutes les aventures et tracas que le fantastique fournit à lui seul. L’auteure a su jouer avec des situations troublantes et user de phrases pertinentes, ce qui était très jouissif à suivre. Comme notre héroïne, mon cœur balance.

D’ailleurs, j’ai pris plus plaisir à suivre les chapitres du point de vue de Néva que d’Adrian. Il se passait beaucoup plus de choses… “intéressantes” (pour moi, en tout cas), avec beaucoup plus de suspens et d’actions. Plusieurs fois, je me suis même dit que j’aurais adoré un récit uniquement centré sur l’univers de cette héroïne. Mais quand je sentais ce goût d’impossible et cette puissante alchimie entre Néva et Adrian, je changeais d’avis. (^^)

Sur la forme, j’ai été très agréablement surprise par la finesse et la fluidité de la plume de Maëlle Andels. Elle sait se structurer, s’évaporer et rendre le récit vivant, sans une note de maladresse. J’ai particulièrement adoré les scènes de “rapprochement corporel”, qui, activées avec les mots justes, créaient une vive tension érotique.
Les seuls bémols à mes yeux étaient la longueur des chapitres et l’origine encore secrète de Néva (à un moment, on fait le topo des personnages secondaires, on sait d’où ils viennent, mais pas notre héroïne, qu’on retrouve en France après avoir fui (qui ? de quel pays ? On ne sait pas)).

Malgré tous ces gros points positifs, je ne suis pas emballée plus que ça pour poursuivre l’histoire. Je suis certes, trèèèès curieuse de savoir si Néva et Adrian sont destinés à finir ensemble et connaître le pourquoi du comment du Passage, mais au final, je ne sais pas… Peut-être parce que la fin est “trop calme” ? Je n’ai, en tout cas, pas eu cette sensation de frustration.
Je pense qu’au contraire, j’aurais adoré découvrir pour quelle raison ce dernier existe et en faire toute une intrigue autour pour le second tome. Dans le cas présent, je crains qu’on reste dans ce flou encore trop longtemps ou dans une sorte de “ça existe, autant en profiter” sans se poser plus de questions (mais je spécule).

En résumé, ce premier tome a d’énormes qualités qui peuvent plaire à beaucoup, surtout aux amoureux du fantastique et de la romance. Ce manque d’entrain pour la suite est très personnel, car l’histoire est originale et l’écriture, très prenante.

Conclusion : J’aime… Passionnément
♥ ♥ ♥

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Le Cœur de la voie lactée, t.1 :” L’âme incarnée
S.J. Perez

Résumé :
Après le décès de sa grand-mère, Sara voit son existence bouleversée. Elle est contrainte de rejoindre sa mère qu’elle n’a pas revue depuis dix ans. Propulsée dans une famille recomposée et un nouveau lycée, la jeune fille se dit que sa vie ne pourrait pas être pire que maintenant ! C’est sans compter sur la présence des esprits qui l’entourent et de Naël, son Souffleur, pour qui son cœur va vite s’emballer. Véritable guide, il révèlera à Sara ses origines et la raison pour laquelle l’adolescente est la seule à voir le monde astral. Et surtout, il la mettra en garde contre le Faucheur, qui la recherche activement.

— AVIS —

Happée par le début du récit, j’avale les cent premières pages rapidement. L’univers fantastique dans lequel nous sommes plongés – Sara notre héroïne, voit les esprits – titille ma curiosité ; le côté YA et l’aperçu d’une romance fantastique, m’enchantent.
J’adore le mystère dégagé, l’appréhension d’un nouveau départ (pour le lecteur comme pour l’héroïne), le rythme travaillé et la plume de S.J. Perez.
Je sens le coup de cœur pointer le bout de son nez, mais…

Le rythme finit par décélérer et stagner. L’excitation, elle, retombe comme un soufflet.

J’avais anticipé un YA fantastique, avec une épopée haletante, remplie de suspens, d’intrigues et d’aventures palpitantes. Mais plus j’avançais, plus je m’en éloignais.
Nous suivons principalement Sara, notre héroïne, dans sa vie quotidienne. On la voit aller au lycée, faire ses devoirs, dîner en famille, participer à des soirées pyjama… Mais l’aventure fantastique, elle, se résume qu’à des passages explicatifs sur le pourquoi du comment Sara possède un don particulier (donc grosso modo, l’explication de l’univers fantastique). Mais nous ne vivons pratiquement rien de plus de “fantastique” que Sara qui voit des esprits. Nous n’expérimentons pas le bouleversement attendu et promis dans les cent premières pages (Enfin, celui que je m’étais imaginée). J’attendais, qu’enfin, tout se mette en place et qu’on s’aventure réellement dans ce “pourquoi du comment”.
Pour moi, c’est comme si Harry Potter (ouais, encore lui. Mais au moins quand je fais un parallèle avec Harry, c’est plus clair ^^) avait vécu tout le tome 1 à Londres, sans bouger de chez sa tante, avec juste des visites régulières d’Hagrid lui dévoilant sa véritable identité, Poudlard, l’envers d’un monde magique et un méchant dont on tait le nom.
Ce premier tome est devenu, dans mon esprit, “un mode d’emploi” de ce qui suivra dans le tome 2.
C’est surement mon impatience qui parle, mais j’aurais préféré, comme Harry Potter, que Sara vive les choses, tente, découvre par elle-même, expérimente, s’aventure, prend de grandes décisions – bonnes comme mauvaises – fasse de grosses erreurs dont elle apprendra la morale plus tard. Que le fantastique embrase le côté “contemporain” du récit, plutôt que cette sensation de “d’abord la théorie, ensuite la pratique” qui explique mon désenchantement.
Cependant, je ne peux en vouloir à l’auteure d’avoir opté pour ce choix. C’est une manière comme une autre de présenter les choses et sûrement que tout prendra sens dans le tome 2. Et puis, après tout, ça reste son roman.

Si je suis restée hermétique, c’est aussi parce que (j’ai honte…) je n’ai pas compris l’univers fantastique. S.J. Perez a pourtant tout fait pour être claire, et ce, tout le long du récit. Elle a posé les bases proprement, expliqué et réexpliqué les fondements. Elle a même tenté plusieurs canaux (questions/ réponses, visualisation…). J’ai moi-même relu certains passages, me suis concentrée sur toutes les parties explicatives, en vain.
En fait, et c’est très personnel je le reconnais, il me faut faire les choses pour les comprendre. Lorsque je joue pour la première fois à un nouveau jeu de société, je comprends les règles qu’une fois la partie démarrée. C’est d’ailleurs pour cette réponse que je m’aventure toujours avec appréhension dans les récits fantastiques/fantasy car j’ai souvent du mal à analyser leur système.
Ici, comme nous n’avons pas pratiqué les choses “apprises” avec Sara et que l’aspect fantastique est resté au stade de théorie, rien n’a voulu s’imprimer dans mon cerveau. Je suis incapable de retranscrire l’histoire que Naël (le héros / guide) raconte à Sara, ses tenants et aboutissants, ses risques, le but… ni même de résumer concrètement quel est réellement son don.
/!\SPOIL/!\
Par exemple, je pensais au début qu’elle pouvait voir tous les fantômes. Puis on nous précise que
non, uniquement l’esprit de gens qu’elle a connus. Puis elle peut aperçoit les Souffleurs d’autres personnes. Je me suis dit “ok elle voit les souffleurs en plus des fantômes de gens qu’elle connait”. Finalement, Naël lui dit que ” tous les souffleurs ne veulent pas se montrer donc elle les voit pas tous“. Bon, euh… D’accord. Encore plus tard, elle se balade dans un cimetière, mais elle craint d’y voir d’autres âmes …? Mais si elle peut voir que les gens uniquement qu’elle connait, et que personne n’est récemment décédé, elle ne devrait rien craindre ?
Alors que voit-elle, concrètement ?

/!\FIN SPOIL /!\

J’ai également ressenti changement de ton vers la moitié du récit.
Plus on glissait dans “le train train quotidien de la vie de Sara”, plus l’aspect YA disparaissait au profit du jeunesse.
Sara qu’au début je trouvais rationnelle, cohérente et mature pour son âge, a fini par adopter un comportement à la limite puéril, devenant un peu une “Madame je sais tout / je veux tout savoir”.
Je l’ai surtout retrouvé à travers les dialogues, notamment entre ceux partagés avec son amie. La pauvre, elle avait à peine le temps d’amorcer un sujet, que déjà, Sara l’attaque à coup de “ben accouche !” / “Bon je suis d’humeur à jouer aux devinettes, j’ai pas bien dormi, alors raconte !”. Ces interruptions n’étaient, en plus, pas utiles.
Il y avait aussi ces autres dialogues, plus nombreux vers la fin, que je trouvais un peu creux et qui avaient l’air d’être présents pour combler une attente.

Je fais un saut aussi sur les personnages secondaires, dont le comportement de certains m’a échappé.
/!\ SPOIL /!\
J’allais parler du beau-père en premier. Puis, vu le revirement plutôt inattendu et intéressant, je préfère le laisser de côté. Ca manquait de finesse et de subtilité, mais il y avait de quoi creuser pour la suite.
Je pensais surtout à Jonathan, l’ami de Sara. Qu’il passe de simple inconnu à BFF s’est fait un peu trop abruptement, à mon goût. Où il vit, pour être là tous les matins devant chez elle ? Je n’ai pas bien compris s’il en voulait à Caleb ou on contraire l’aimait encore … ? Quand le nouveau débarque, il avait l’air de défendre bec et ongles que ça allait être son nouveau crush. Il passe vite à autre chose, pourquoi pas, chacun réagit comme il veut. Puis quand il revoit Caleb, il a limite le cœur brisé, se dit que tout n’est peut-être pas perdu … Euh…?
Siméon non plus, ne m’a paru si évident à cerner. Au début, je le voyais comme un adjuvant qui soutient le héros dans sa quête (comme Mushu, un peu). Mais de “grand sage”, il a fini par être grossier, voire puéril à poser pleins de questions comme un enfant de 4 ans “Et pourquoi ci ? Et pourquoi ça ?”. Et son côté pervers m’a dérangée.

/!\FIN SPOIL /!\

Il y a également quelques scènes avec son chat, dont je n’ai pas saisi la finalité.
/!\ SPOIL /!\
– Sara fugue et embarque son chat avec elle. Sa mère la retrouve à la gare, elles ont une discussion et le chat dort sur un siège. Elles repartent et il est précisé qu’elle l’oublie. Ainsi présenté, j’ai cru que c’était fait exprès, qu’il allait se passer quelque chose. Et puis finalement, quelques lignes plus loin, on nous indique que Sara s’en est rendue compte et qu’elle est partie le chercher.
Pourquoi l’avoir décrit, si ce n’était pour rien en tirer ? Si c’était pour montrer que la scène entre Sara et sa mère était bouleversante, dans ce cas, il aurait plus logique que ce détail s’incruste dans une conversation pour montrer à quel point l’émotion l’avait perturbée.
– Un peu plus loin, la mère de Sarah lui propose une sortie shopping. Sara décline car elle prévoit d’amener son chat chez le véto. Ca pouvait être signe d’un souci et donc d’une intrigue… Mais quelques lignes plus loin, on nous annonce qu’elle n’a finalement pas été chez le véto et a accompagné sa mère à la place.
Pourquoi ne pas avoir accepté directement d’accompagner sa mère faire des courses ? Pourquoi avoir mentionné ce passage au vétérinaire ?

/!\FIN SPOIL /!\

Néanmoins, malgré tout ce flou fantastique dans mon esprit, je salue l’auteure pour son originalité et sa quête de sens. Je pense qu’une fois qu’on a saisi toute l’ampleur de l’histoire “d’astres / d’âmes / de Souffleur” le lecteur doit vraiment apprécié l’aventure ou être excité à l’idée de la vivre.
Je ne l’ai pas mentionné, mais j’ai beaucoup aimé la seconde intrigue qui prend forme vers la fin du récit, entre Sara et ses amis. Ca a permis d’amener de l’action et du suspens au récit, là où le fantastique aurait dû s’en charger selon moi.
La romance n’en est qu’à ses balbutiements, mais ça ne m’a pas dérangée. Au contraire, je l’ai trouvé très sympathique et bien amenée dans le récit. Plus de présence aurait fait sans doute “trop” pour un premier tome.
La fin aussi, à ce goût de cliffhanger intéressant.

Le côté jeunesse et “fantastique théorie” ont terni mon ressenti, mais c’est – encore une fois- personnel.
Je pense sincèrement que ce roman à toutes ses chances de plaire aux fans du genre.

Conclusion : J’aime… Beaucoup
♥ ♥

Avis publié en Janvier

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Résistement vôtre
Caroline Mertz

Résumé :
1942, Nancy. La France est sous l’Occupation. Ninon Schneider est une Française comme une autre, à une exception près… Engagée depuis peu dans un réseau de résistance, elle collecte les œuvres d’art prohibées par la liste Otto, pour permettre leur sauvegarde. Elle voit ses plans bouleversés lorsqu’elle rencontre Wilhelm Schwarz, un charmant Capitaine allemand, qui n’a qu’une idée en tête : la séduire. De son côté, Ninon se retrouve forcée de le fréquenter pour obtenir des informations primordiales. Contre toute attente, elle découvre un homme patient, doux et captivant, malgré ses parts d’ombres. Cédera-t-elle à la tentation en tombant dans les bras de l’ennemi ou poursuivra-t-elle ses préjudiciables ambitions ? Jusqu’où Wilhelm ira-t-il pour protéger cette femme ? Quand l’amour s’oppose à vos idéaux et vos valeurs, cela implique des sacrifices.

— AVIS —

J’en attendais beaucoup de ce récit, au vue de ses commentaires et notes élogieuses sur internet (et de cette sublime couverture).
Et peut-être que j’en ai attendu trop, justement...
C’est une romance bien écrite, prenante et bien cadrée. Mais elle prend place dans une période historique… “Frileusement aboutie”.

J’ai bien accroché àRésistement vôtre grâce à la romance.
Rien que la phrase “histoire d’amour entre une Française et un Allemand pendant la seconde guerre mondiale” dévoile une myriade de scénarios possibles. Pas besoin d’en dire plus pour voir galoper les éléments que cela implique : Les tropes “Amour interdit / Enemies-to-lovers“, le danger, l’angoisse, la peur… L’Amour, dans ce cadre, ne tient qu’à un fil et absolument tout peut arriver.
Tout.
Et, en ce sens, l’histoire d’amour entre Ninon et Wilhem m’a beaucoup plu. Caroline Mertz a su leur fournir de sacrés bagages d’aventures, d’embûches, de secrets, d’évasion et de silences afin de mettre leurs sentiments à rude épreuve. Je ne pensais vraiment pas à aller aussi loin avec eux !
Leur romance a une saveur originale et s’opère sur un équilibre et une cadence maîtrisés. L’auteure n’a pas cherché à décrire tout ce qui était possible de se produire et j’ai apprécié les choix concoctés.
Les intrigues sont structurées, bien décrites et surtout, cohérentes.
La Romance a su parfaitement remplir son rôle. Elle oblige les héros à se surpasser et le récit à se mouvoir vers d’autres chemins qu’initialement prévus.
Le seul petit bémol que j’aurais à avancer, c’est le changement d’égard de Ninon envers Wilhelm qui m’a semblé trop facilement effectué.

Là où mon ressenti dégringole, c’est sur l’immersion historique.
Je ne me suis pas sentie emportée à l’époque de la Seconde Guerre Mondiale. Je reconnais certains passages plutôt bien décrits, mais dans la grande majorité, le ton n’y était pas.
L’historique aurait été un récit fantastique ; les allemands, des vampires, j’aurais ressenti la même chose.
Certes, la romance est picorée de faits historiques, de mots allemands et du champs lexical attribué à cette période historique mais ça n’était pas suffisant pour moi. Ils représentaient là les seuls moyens de “pression” qu’à le lecteur pour se sentir imprégnés. L’auteure reste trop dans le factuel à mon goût.
Nous ne sommes pas plongés dans l’expression de la peur (la vraie), de l’angoisse permanente d’être arrêté (et torturé) pour une broutille, d’être sur le qui-vive (Oui, Ninon regarde à droite et à gauche quand elle se balade à l’heure du couvre-feu mais je ne l’ai jamais sentie réellement en danger).
Jouer sur les mots, les sensations, les métaphores aurait aidé. J’invente un exemple mais transformer un “SS” en “une ombre noire, glaciale et meurtrière” fait, je trouve, déjà beaucoup plus d’effets.

Condenser tous les éléments de cette guerre dans une “simple” romance était compliqué, je peux l’entendre. De plus, il ne s’agit pas non plus d’un reportage sur Arte.
Mais l’Histoire a été trop écrémée à mes yeux, trop “auto-centrée” sur les besoins des intrigues et de la romance. Quid de Pétain et De Gaulle, par exemple ? Il me semble essentiel qu’ils apparaissent dans un récit pareil, or, ils n’ont jamais été cités. Les journaux existaient, Ninon aurait pu s’en servir pour dévoiler les autres horizons de cette guerre.
J’ai eu le sentiment de “vivre” la partie historique dans le judas de la porte de Ninon.

Il y a aussi la forme qui a joué en ce sens. Premièrement, la narration se fait à la première personne du singulier, et au présent. Je ne relève jamais ce genre d’éléments, car je n’y accorde pas d’importance. Tant que je suis éprise de l’histoire, peu importe la manière choisie. Or ici, c’est bien la première fois que ça m’a freiné dans ma lecture. J’ai trouvé l’association incohérente avec un récit historique.
Deuxièmement, l’utilisation du “je + présent” donne un air beaucoup trop contemporain au récit. Au travers de certains passages, j’ai senti la romancière de vingt ans vivant au XXIème siècle, avec ses connaissances du passé (et son jugement, aussi, parfois) et pas la jeune femme du même âge qui vivait l’Histoire. Le vocabulaire employé était assez récent, rares sont les mots anciens. Autre exemple, Ninon emploie le terme “camp d’extermination”. Impossible, à l’époque, qu’elle le connaisse, la vérité n’a éclaté qu’après la guerre. Qu’elle suppose des choses pas nettes, là, d’accord. Aussi, les deux héros évoquent souvent la fin de la guerre avec des “quand les alliés gagneront“, “quand la guerre sera finie.” Mais en 1942/1943, l’horizon d’une paix et d’une défaite des Allemands n’était pas du tout à l’ordre du jour. L’espérer, oui et dans ce cas utiliser un “si” et le conditionnel semblaient être plus approprié.

En réalité, la questions que je me pose c’est “Est-ce que “Résistement vôtre” est à destination d’un jeune public ou d’un public adulte ?” Si c’est le premier cas, alors je peux concevoir que l’Histoire ait été très succincte et apportée avec pudeur et pédagogie. En revanche, si c’est bien l’option deux, ce n’était clairement pas assez pour une romance historique.

Par ailleurs, j’ai bien aimé la volonté de l’auteure à vouloir rendre humain l’ennemi. Certains sont inexcusables, mais d’autres n’ont pas eu d’autres choix que de suivre la marche, sous peine de mort. On ne peut juger ces gens, les temps étaient complétement différents à cette époque. Qu’aurions-nous été capables de faire pour survivre ?
Si je plussoie l’auteure d’avoir choisi cette voie pour Wilhelm, je déplore le fait que ça n’a pas été appliqué à son héroïne, Ninon.
Je l’ai tout simplement détestée. Elle m’a fait grincer des dents, souffler d’exaspération et lever les yeux au ciel. J’ai même eu du mal parfois à avancer tant son comportement m’exaspérer.
Je l’ai trouvé égoïste, égocentrique et très mesquine. Elle oubliait qu’elle était en guerre (une autre explication plausible sur le fait que je ne me suis pas sentie complètement immergée dans l’Histoire).
Elle centrait beaucoup de choses sur sa petite personne, comme si elle était la seule à souffrir, à être en danger, à comprendre comment fonctionne l’occupation… Elle attend des autres certaines choses qu’elle même ne ferait pas pour eux. Elle se permet de juger tout le monde, tout le temps. Mais par contre, quand les rôles s’inversent, bien sûr personne n’avait le droit de la juger. Ninon avait toujours une excuse valable, elle.
Son amie trouve le bonheur dans les bras d’un SS ? “C’est une vendue” (pour pas dire l’autre mot qui finit en “ute”) . Par contre Ninon qui sort avec un allemand, non, elle, c’est pas pareil.
“Tous les allemands sont mauvais” “ah tiens Wilhelm est différent. Mais tous les autres allemands restent des conn*rds. Il n’y a que Ninon qui a trouvé le seul bon et gentil soldat parmi toute l’armée.
/!\ SPOIL /!\
J’ai particulièrement été outrée de la manière dont Ninon a réagit (en pensée, encore heureux) à plusieurs moments :
– Quand Wilhelm leur annonce qu’ils sont surveillés et qu’ils doivent faire attention. Donc il fait encore le gentil et la prévient. Mais elle tout ce qu’elle trouve à se dire c’est “Ah bien fait pour lui, il sait ce que ça fait maintenant de se sentir en danger.” Mais… Enfin ?! Tu te rends compte de la chance que tu as eue ?? Il aurait pu te dénoncer depuis des chapitres, admets-le et remercie-le et c’est tout.

– Quand elle est obligée de fuir lorsque son réseau s’est fait prendre. Elle va se retrouver en position délicate et là aussi, tout ce à quoi elle pense, c’est que “vraiment, y en a pas un du groupe de résistance qui peut venir la sauver, alors qu’elle se sacrifie pour eux” ? Ninon, c’est la guerre. C’est toi qui as fait le choix d’entrer en résistance, assume.
– Quand elle arrive dans un Lebensborn et que là aussi, elle se dit sans aucun scrupule que “ces femmes, sont vraiment des p*tes. (bon le terme n’est pas celui-ci mais je l’ai pris ainsi). Comment ose-t-elle écarter les cuisses à des SS et donner leurs propres enfants au grand méchant à la moustache ?!” Là aussi, je dois te rappeler que tu es en guerre et que eh bien… Dorénavant, tu en fais partie aussi. Qui te dit que ces femmes ont eu le choix ? Et si ça leur fait plaisir (parce que endoctrinées ou autre), qu’est-ce que ça peut te faire ?
/!\ FIN SPOIL /!\
Parfois Wilhelm aussi se montrait trop “compassion / jugement XXIème siècle” mais je l’ai senti beaucoup plus terre-à-terre et alerte vis-à-vis de la situation. Il avait un comportement plus cohérent.

J’ai également trouvé plusieurs “tics” dans l’écriture. Beaucoup de phrases comportaient la même structure, avaient un “même si” / “et pourtant” / “Bien que”.
(Ex dans le texte : “J’aperçois une photographie d’Hitler sur un mur, ce qui a le don de me faire serrer les dents, même si cela ne m’étonne pas.” / “Les émotions prennent le dessus et j’ai conscience que je devrais apprendre à mieux les contrôler, même si c’est plus fort que moi.” / “(…) j’avais accompli mon devoir de bon Allemand, de bon soldat, bien que ce soit un rôle plutôt attribué (…)” Et plus loin, sur la même page : “On m’a proposé (…), mais même si les avantages sont attrayants…” / “(…) les enfants ne vont pas tarder à rejoindre leur lit, bien qu‘il fasse encore jour.” / “moment de grand embarras, quand bien même je garde ma robe sur moi.“).

Néanmoins, d’un point de vue global, tout se déroule bien. Je pinaille sans doute car le reste du récit est vraiment bien réussi. Le rythme est très bon, le suspens est présent malgré tout. C’est assez fourni en personnages secondaires et en action, on ne s’ennuie jamais. Et puis, comme souligné ci-dessus, la romance est à la hauteur de ce genre de récit.

Pour conclure, si l’histoire d’amour m’a plu, l’aspect historique m’a déçue. Je m’attendais à un récit plus prenant et pertinent sur l’Histoire. Ce n’est pas totalement dénué d’incohérences, loin de là, mais même en étant pas historienne, j’ai décelé certains propos inexacts et un manque d’immersion.
Un grand oui pour la partie romance, un gros “MAIS” pour la partie Histoire.

Si tu aimes les belles histoires d’amour sans te soucier de l’esthétique précise de la période historique, alors tu devrais beaucoup aimer “Résistement vôtre“. Mon avis n’est pas aussi enthousiaste que les autres, mais je reconnais le travail de Caroline Mertz, le cadrage impeccable de ses intrigues et sa romance très bien ficelée.

Conclusion : J’aime… Beaucoup
♥ ♥

Avis publié en Mars

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Derrière les voiles – tome 2 : Dwin
Clotilde Boré

Résumé :
La paix est revenue sur les terres elfiques… enfin presque .
Une mystérieuse secte semble déterminée à bousculer l’ordre établi, quitte à défier les dieux eux-mêmes en réveillant une entité ayant le pouvoir de traverser les voiles.
De son côté, bien loin de se douter de ce qui se trame, Dwin Henor’L subit le contrecoup de la dernière bataille. Depuis son retour à Ismëadil, il n’a pas le cœur à la fête. Aussi, lorsque le Grand Conseil vient quérir l’aide des siens concernant la disparition massive de métamorphes, il saute sur l’occasion pour prendre ses distances en se portant volontaire. Durant ses investigations, il croise la route de Félis, une tigresse-garou à la recherche de sa petite sœur, elle aussi victime des rapts.
Rencontre providentielle ? Pas vraiment. Comme toujours, Destinée œuvre dans l’ombre et a de grands projets pour Dwin et Félis.
Parviendront-ils à remonter la piste des disparus avant qu’il ne soit trop tard ? Même les dieux ne peuvent être certains de la réponse.

— AVIS —

Ca y est, un an après mon coup de cœur pour le tome 1 (chronique à retrouver ici : 🧚) , me revoicie avec la suite tant attendue de “Derrière les voiles” !

J’ai été ravie de retourner dans l’univers fantasy de Clotilde Boré. Cette auteure a une écriture très saillante, droite, aussi chantante et dansante. Elle maîtrise sa plume, les résonnances à donner à son récit et les actions à mener.
Les idées sont précises, la destination connue et les embûches, adroitement placées. Bref, tout concordance et coïncide, Clotilde gère un récit.
Sur l’aspect créatif, j’ai été enchantée de tout ce qui j’y ai trouvé ! L’histoire scintille, les intrigues sont bonnes et bien ficelées entre elles. Elles se forment sur un décor fantasy complet et un panel de personnages vifs, structurés et entraînants. La romance est aussi gourmande, fuselée proprement au travers des différentes actions menées.
Le bonus ? Les retrouvailles avec les héros du tome 1 ! Quel bonheur d’avoir de leurs nouvelles !
Sur le fond, tout m’a plu.

Malheureusement, la narration, ici, ne m’a pas convaincue.
J’ai trouvé le temps long.
Les intrigues, bien que très qualitatives, ont manqué d’entrain dans leur présentation. Le rythme démarre très bien, on sent l’adrénaline de l’inconnu et de l’action arriver. Puis, assez rapidement, on se retrouve ralentit par des explications, des descriptions de ressentis un peu lourdes et répétitives. On stagne et on attend qu’une autre intrigue prenne le relais.
/!\ SPOIL /!\
1. Je pense notamment à la scène dans le désert… Beaucoup, beaucoup trop longue à mon goût !
2. On peut lire trois ou quatre fois la description de la même idée (même si la manière diffère à chaque fois) :
– Les sentiments de Dwin / Félis. Chacun de leur côté va régulièrement se dire que “c’est bizarre, il/elle ressent beaucoup de choses pour l’autre, bien qu’ils se connaissent à peine.” et de rebondir sur des phases vécues ensemble pour redécrire les sentiments qu’ils les ont traversés à ce moment-là. Je veux bien à un moment important et crucial, mais je les ai trouvées trop présentes
et surtout pas nécessaires… En effet, la naissance de leur relation très bien relatée, pas besoin de nous partager leur pensées (qui sont les mêmes) à chaque nouveau pas dans l’intrigue.
– La manière différente de vivre la sexualité entre elfes et métaphores. Une fois aurait clairement suffit.
3. Il y a aussi ces “retours en arrière” persistants et là aussi rébarbatifs… Ce sont des scènes entre Dwin et Felis (majoritairement après le milieu du récit) : Par exemple, Dwin narre une scène de son point de vue, allant du point A au point F de l’histoire. Et quand on bifurque sur le point de vue de Félis, au lieu de reprendre au point F, on repart au point D, en revivant avec elle TOUT ce qui s’est passé à la virgule près. Parfois revenir en arrière est nécessaire pour apporter plus de clarté, une nouvelle intrigue, une autre opinion ou une solution à l’histoire, je suis d’accord. Mais dans ce tome 2, la même scène était répétée avec juste le point de vue différent, sans que rien de plus soit amené dans le récit…

/!\FIN SPOIL /!\

Ce qui est drôle, c’est que dans le tome 1, je trouvais que les scènes charnières manquaient justement de profondeur et était rapidement détaillées.
Et ici, c’est tout l’inverse.
Au final et à mon grand regret, je n’ai pas eu le sentiment d’avoir été à fond dans l’histoire.
Il me reste d’ailleurs quelques questions en suspend :
/!\ SPOIL /!\
1. Il y avait-il un but à ce que Félis sauve la créature mourante dans le désert ? Cette dernière, au moment de la séparation, lui lance “je te revaudrai ça”, ce qui signifie habituellement une suite à ce genre de promesse (ça va un peu dans l’idée du principe du “fusil de Tchekhov” en écriture) Or, la pauvre créature ne réapparaît plus… Peut-être dans le tome 3 ?
2. Il n’est jamais fait mention du sort / de ce que pensent les créatures d’un “métis / hybride”. Que ce soit bien accepté semble naturel dans le récit, mais il n’est pas spécifiquement expliqué. J’aurais aimé savoir si des “bébés hybrides” existaient et si c’était courant. Sont-ils bien acceptés par toutes les espèces ? Ou au contraire, il y a t-il des clans qui refusent la double “origine” ?
/!\FIN SPOIL /!\

Ceci étant, ce tome 2 n’est pas non plus une grosse déception. J’admire toujours autant le soin qu’apporte l’auteure à tous les éléments de ses histoires (univers, intrigues, personnages et romance).
Un léger suspens rôde le long des pages, une enquête est en cours, les Dieux se manifestent, les sentiment entre nos héros grandissent… Il y a de quoi trouver un intérêt à aller au bout, même si le rythme est décousu. Et finalement, ce serait là le seul défaut trouvé pour ma part et qui explique que ce n’est pas un coup de cœur.

Je suis d’ailleurs curieuse de savoir ce que Clotilde mijote pour le tome 3 !

Conclusion : J’aime… Passionnément
♥ ♥ ♥

A suivre…

La Romantique éperdue ♥

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